Cher Journal,
C’est encore moi. Ces temps-ci, j’aime venir ici vous parler et vous raconter mes petites aventures. Elles sont tellement nombreuses et rigolotes, que j’aime les raconter et surtout les noter afin que ces moments soient gravés dans ma mémoire…
Aujourd’hui, rien de bien passionnant. Quoi que…
Comme vous le savez, je travaille dans un cinéma, rue de la république. Mes horaires sont contraignants, H-24, pas le droit de sortir, un code vestimentaire « clean », de l’ordre et encore de l’ordre. S’il faut un jour que je sois mal « sapé », je suis remplacé aussi sec ! Sacrée direction tout de même !
Mais je n’ai pas que des inconvénients à effectuer ce travail. J’assiste à beaucoup de projections, parfois des avant-premières, et il m’arrive de rencontrer des personnes célèbres ! Comme quoi, je n’ai pas à me plaindre. Aujourd’hui encore quelle journée !
Journée longue comme d’habitude, peu de public, donc peu de travail, ce qui perpétue cet ennui. Puis sur les coups de 19h15, dans la salle n°1 arrivent les premières personnes pour assister à la projection en avant-première d’un film. Je ne sais pas quel est-il, je vois juste débouler au compte-goutte les personnes dans la salle, choisissant les meilleurs places. J’esquive les regards, marre de cette population qui nous prennent pour des objets ! Le public entrant est couci couci, un public vieillot, un attroupement gay se ramène, peu de jeunes gens… 19h40, une jeune fille arrive, elle ne sait où se placer, et c’est alors qu’elle vient près de moi. Je ne sais pas quoi penser d’elle, elle n’est pas accompagnée, et paraît solitaire. Un pull rayé multicolore, ressemblant étrangement à Maya l’abeille ( Ah ! Mon jeune temps !). Les cheveux blonds, les yeux bleus me semble-t-il, j’espère que sa coloration capillaire ne se fera pas ressentir pendant le temps qu’elle sera ici (Je me demande ce qu’elle pourrait faire dans la vie… Elle est indescriptible…).Quoi qu’il en soit, ce sera cette personne qui m’assistera pendant le film.

Les gens commencent à remplir la salle, petit à petit, les places deviennent rares, le stress monte auprès de chacun. J’entends les discussions voisines : « Y’aura donc des personnes connues ce soir ? […]Qui ? Ah oui, il a fait … et fait partie de la bande à […] ». Cela va de bon train. L’horaire se rapproche, on voit les journalistes se préparer. Puis soudain 3 personnes descendent au bas de la salle : Les discours commencent, Jean-Jack Queyranne promotionne le film qu’il co-produit par le biais de Rhône-Alpes productions, mon directeur de ciné fait son speach plus ou moins intéressant, et puis la projection commence ! Pas trop tôt.
[…]
Bon film, pas vu grand-chose à cause entre autres de Maya la blondinette, mais je me pose pas de questions, je sais que ce film je pourrais le revoir. Et voilà, que tout le monde se met à applaudir, c’est vrai, c’était bien.
Puis, quelques minutes passent, et enfin, le réalisateur arrive seul, il n’y aura pas de François Cluzet, de Karin Viard, ou encore d'André Dussollier. Son nom (au réalisateur)? Sam Karmann. Autrement connu pour sa prestation dans la Cité de la Peur pour le rôle de Emile Gravier le Serial Killer… Je le vois en vrai. Toujours aussi chauve, toujours aussi grand, toujours aussi belle voix, toujours aussi pareil. Sacré bonhomme, il fait son discours fort sympathique, quelques questions se posent, il y répond à toutes ! Faut savoir qu’il n’est pas seul à répondre, sont également présents l’auteur de la musique originale, la chanteuse(Sam's wife), l’auteur du livre…

Je vois Maya hésitante, qui veut poser sa question, mais je sens qu’elle a le trac. Normal, parler devant une assemblée n’est pas simple.
Le débat est fini, tout le monde part, Sam se met à la disposition du public qui se trouve être pour beaucoup des acteurs du film. Maya s’approche, et dit :
« Ecoutez, j’ai beaucoup aimé vot’ film, une vraie prestation, c’était parfait. J’aurai souhaité vous posez une question : « Je me rappelle de votre interprétation dans la Cité de la Peur -un magnifique film -, pensez-vous comme votre personnage qu’on peut tromper 1 fois 1000 personnes, qu’on peut tromper 1000 fois 1 personne, mais qu’on ne peut pas tromper 1000 fois 1000 personnes ? » « Ecoutez… »
Et blablablablabla… Enorme question de la part de Maya, je n’aurai pas cru à un tel retournement de situation. Elle a eu son autographe « pour PoTiRoN, alias Karamazov » a-t-elle demandé.
Jolie soirée, de bons souvenirs grâce à Maya, malgré qu’elle fut un peu trop rachitique, ses os me rentraient dedans. Et cher journal, je suis pourtant fait en 100% moelleux, je suis le top, m’a-t-on dit, au niveau des fauteuils de cinéma…
Sacré film que
« LA VERITE OU PRESQUE »…

A demain cher Journal, pour de nouvelles aventures…C'était la vérité... ou presque!
siège 144 de la salle n°1 du Cinéma Pathé Rue de la république
¤PoTiRoN, lectrice du journal intime du siège 144 de la salle n°1 du Cinéma Pathé Rue de la république…¤
Karamazov, croyant à la théorie du « serial killer »
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